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RADICALISATION DOMESTIQUE

C 01 D'être en devenir

Rédigé par saïdab

Mon blog a deux ans déjà !

C'est looonnng ... Et si court à la fois. Merci Overblog de me le rappeler. Merci à ceux qui me lisent de lui donner une raison d'être.

Je l'ai un peu (beaucoup) abandonné depuis quelque temps, mais j'y reviens petit à petit.

Voici pour ce soir une pensée que je vous dédie à tous, gestionnaires du blog et lecteurs.

Je serai juif pour une errance infinie
Je partagerai avec mes frères un exil sans objet
Je serai musulmane pour l’universalité
J'accueillerai mes sœurs étrangères avec tous les noms de Dieu
Qu'elles portent en leurs seins
Je serai chrétien pour la pauvreté
J'irai de par le monde répandre l'humilité
Jusque dans le cœur des joyaux des couronnes dérisoires
Je serai communiste pour ne devoir que ce que tu dois
Et ne recevoir que ce que tu reçois
Je serai anarchiste pour le refus
Je ne subirai d'autre pouvoir que ma volonté de vaincre la tyrannie de la conformité
Je serai myope pour la frustration
Et faire l’effort de mieux voir chaque fois qu'u matin mes yeux s’ouvrent
Je serai vagabond pour l'école buissonnière
Et les ronces tisseront sur ma peau la trame d'un parcours non balisé
Je serai voleur pour ne posséder que ce dont tu peux me déposséder à ton tour
Je serai soldat pour souffrir les maux de la guerre
Et en semer la honte qui nous sauve
Je serai un homme pour promouvoir le beau donc le juste
J'inventerai des enjeux d’où seront exclus le gain et la perte
Je serai une femme pour la vie
Je mettrai au monde un homme semblable à ses semblables
Je serai un chien pour l'amitié
J'apprendrai à mon maître à être le meilleur des compagnons
Je resterai enfant pour tenir le monde sous mon regard interrogateur
Je serai arc-en-ciel pour enluminer les temps qui passent
Je serai tout cela
Pour mériter mon être et mon devenir

(01/ 96 – 11/ 2017)

Cordialement
saidab

Voyelle vagabonde

28/01/1997 - 16/12/2019

Il n’y a rien à comprendre ; c’est la hamza (« h » du soupire) qui décide ... Une pièce peut être maîtresse ou pas, captivante ou pas, célèbre ou pas. Elle a un genre, un style, un auteur, une époque... C’est tout cela qui fait la pièce. Il y en a pourtant une qui ne correspond à rien.

Un seul public, toujours le même, regarde la même pièce jouées par les mêmes acteurs encore et toujours … Et pourtant, ce public unique peut déborder d’enthousiasme à une représentation, sombrer dans le désespoir à la suivante, se décrocher les mâchoires d'hébétement, râler d’impuissance à une autre, s'arracher les yeux de frustration, s'éparpiller dans une hilarité éparpillante, se confondre dans le silence... Oui, une voyelle longue vagabonde rend difficile la définition d'une fonction dramatique prédominante. Cette caractéristique singulière donne au libre arbitre des metteurs en scènes une liberté éprouvante. Privés de repères, leur créativité se traduit par l’introduction cyclique d’une variante variable de la voyelle longue du titre. Lâ L’gérie, Lal Gêrie, Lalg’érîe et, depuis peu Al Djaza'ïr, qui prétend à une chronologie antérieure. D'où l’information donnée au public en noir sur fond rouge « Genre non confirmé ».

Les troupes successives font usage de slogans prédominants circonstanciels (agraires, sanitaires, industriels, régionalistes, syndicalistes …) sous forme de paraboles inaccessibles aux spectateurs, qui s’en remettent aux physionomies et aux gestuelles pour rire ou pleurer. Entre elles, les troupes communiquent au moyen d’une langue étrangère Bétah devenue commune aux deux berges du lac mitoyen depuis l'avènement de relations bilatérales horizontales, mais tolérée exclusivement hors représentation ; question de souverainetés. Les metteurs en scènes, eux, emploient une langue des plus poétiques, langue Alphah aux arabesques inconnues des troupes. Pour une raison simple : on ne sait pas de qui elle est la langue légitime. Ce qui autorise chacun à se prévaloir du privilège qu’il s'attribue sur sa langue de souche.

Les spectateurs sont répartis dans la salle selon une configuration de probabilité qui assure un brassage vigoureux de l'air ambiant, d'autant plus efficace qu'acteurs et spectateurs sont interchangeables. Parfois, le changement est volontairement imposé, parfois l'obligation est tirée au sort. C'est ainsi que, bien que les protagonistes soient toujours les mêmes, la distribution est affranchie de toute contrainte artistique ou logistique.

La dernière représentation a été interrompue par le dernier metteur en scène en date, ce qui est dans l'ordre des choses. Sauf que cette fois, il était déterminé et tout le monde sans exception a noté la répétition d'un vocable d'une grande beauté consonantique absent du répertoire jusque-là : « irhab ».

Une vieille femme tout en fichus à côté de moi en était toute bouleversée. Oubliant l’interdiction d’exprimer une pensée personnelle en dehors de son cercle privé, elle a murmuré : « Quelle belle pensée peut bien exprimer un mot aussi beau ! ». Par le plus grand des hasards, cette femme s'est exprimée dans une langue interdite de ma connaissance. En outre, le vocable « irhab », nouveau dans le lexique régional, ne m'était pas inconnu. J'ai toujours usé de fraude culturelle pour combler mes lacunes intellectuelles. J'aurais donc pu réagir et la mettre en garde contre sa foi aveugle en la beauté du discours. Mais la notion que charrie ce terme n'existe pas dans le patrimoine local. Je pouvais aussi tenter de le traduire en langue Bétah. Mais si ce vocable résonne comme la corde d’un luth que frôle l’aile d'un papillon une nuit de pleine lune quand il est prononcé en langue Alphah, il prend une résonance sinistre en langue Betah : « terrorisme ». De plus, privé de sa dynamique consonantique sous sa forme mollassonne, « térorizme » s'affuble d'une texture poisseuse répugnante. Pour lui trouver une équivalence tolérée dans un dialecte ou un autre, il faudrait une périphrase rocambolesque. Une pelote de nœuds de conceptes barbares. Mais même ainsi mon aînée aurait bien du mal à croire qu’une idée aussi laide puisse exister. Quant à la pratique ... Elle m’accuserait d’hérésie, de malveillance, de faux et usage de faux et dieu sait quoi. Outre sa laideur acoustique, ce terme est aussi porteur de calamités imprévisibles dans sa forme empruntée Bétah. Ajoutez à cela que l'esprit des gens simples, dans son intolérance épidermique à tout inadmissible, pourrait en concevoir une remise en question violente du désordre organisé. Bonjour le désastre !

En premier lieu, les partenaires de l’œuvre nationale pourraient soupçonner nos fournisseurs de commodités en tout genre de tenter d'introduire chez nous une tendance inesthétique indigne. A quoi nos fournisseurs pourraient rétorquer qu'il nous appartient d'entretenir nos canaux de transmissions électroniques en panne chronique ; ou au moins d’apprendre à les épousseter. Et le conflit éclaterait. Là ne s’arrête pas le danger.

Accoutumés à une logique affective qui n'affecte le moral de personne, puisque le jeu se perpétue avec la même vitalité, tous préfèrent continuer à jouer une pièce où personne ne comprend rien mais où chacun joue naturellement le rôle qu'il connaît le mieux. C'est un prix honnête pour préserver l'homogénéité des acteurs-spectateurs pour qui l’attachement indéfectible à un renouveau sans surprise constitue une protection sûre contre l’imprévu ; l’accident. Ce que tout le monde ignore, c’est que les metteurs en scènes sont en fait en stage de perfectionnement permanent en improvisation d’imprévisibles justement. Leur tâche secrète consiste à introduire de l’inconnu tout en préservant l’ensemble des paramètres de situation : décors, composition, rôles, scénario, refoulement des pensées non exprimées ... Une tâche délicate ; ils ont échoué. Et depuis peu, un problème inédit se pose : les plus jeunes artistes, une fois sur scène, s’enhardissent et s’opposent ouvertement à l’adoration consensuelle de la déesse totalitaire « Démocratie ». Ils ne dissimulent plus la haine que leur inspire son arrogance, exigeant des metteurs en scène qui la mettent en application de dévoiler le mode d'emploi. Mais aucun metteur en scène n’en a le pouvoir. Chacun une fois en service pioche dans le panier à crabes des fournisseurs de modèles économiques pêle-mêle entre le porte-monnaie pour le dinar dévalué, le préfabriqué pour l'idéologie, le congélateur pour les convertis au prêt à consommer, le biberon unisexe pour les nouveaux genres, des universités pour la dissolution des Maures, l’Internet pour les pucerons, la presse libre pour la pensée unique ...

Voilà pourquoi le raccourci « Démocratie » reste une voie sans issue. Mais je ne jouerai pas à l'avocat du diable. Je laisse la vieille dame à son extase innocente et je continue envers et contre toute déontologie ma fraude culturelle à la recherche de l'auteur de la pièce à l’avertissement rouge et noir. Un jour, les déclinaisons des variantes du titre de la pièce livreront leur secret. Lâ L’gérie, Lal Gêrie, Lalg’érîe, Al Djaza’ïr… Il n’y a rein à comprendre. La voyelle vagabonde se fixera quand la pièce trouvera son auteur.

QUI ES-TU ÉTRANGER ?

Fin 1993 – 10/2017

Es-tu mon ami ?

Une étincelle illumine ton regard. ; puis vacille. Va-t-elle s'éteindre ? Non, elle persiste. Attends, je vais essayer de comprendre. Tu viens de me reconnaître ! Et tu restes là, figé dans une raideur conventionnelle quand tu voudrais me prendre joyeusement dans tes bras et danser. Danser comme un enfant qui, sans rime ni raison, se mettrait à glisser un pied devant l'autre, au rythme d'un bendir qui raisonnerait pour lui tout seul, quelque part dans sa petite tête indomptée. J'avais complètement disparu de tes souvenirs et là, dans ce centre commercial d'une ville tellement étrangère à notre passé, ton œil me repère dans la jungle des produits de consommation courante. Tu n'as aucune raison d'être aussi heureux ; nous nous disions tout juste bonjour, là-bas, à l'université où nous réunissait la même volonté d'accéder à l'universalité. Mais dans cet espace d'ailleurs, je deviens l'amie qui habille les façades publicitaires d'une nostalgie chaleureuse. Tu voudrais me parler de toi, me dire ... Tu te sens juste un peu moins seul dans cette métropole qui te déçoit. Qui te vide de ton sens. Ta mémoire nous rend moins étranger l'un pour l'autre, atténue ta solitude de touriste désenchanté. Tu voudrais poser ta main sur mon épaule pendant que nos pas conquièrent un espace inexistant. Tu voudrais faire un bout de chemin avec une moitié d'étrangère, comme un pèlerin refermerait sa main sur un bâton ramassé sur le chemin, sans nécessité réelle, dans un geste instinctif qui n'a pas besoin de raison. Mais pas plus de raison de ne pas être.

Mais non, ta masculinité se referme sur toi comme une porte coulissante ; et te tient hors de portée. Tu es un amoncellement de cadenas de sécurité et moi, je suis peut-être trop incrédule. Les mots que nous prononçons sont les mêmes et leur banalité asphyxie notre spontanéité. Car nos serrures éducatives brisent tout risque d’un élan généreux. Nous ignorons tous les deux qu'un seul cadenas ouvert démonterait l'échafaudage, que le métal coulerait à nos pieds, libérant nos cœurs et nos esprits. Un seul cadenas ! La clé, Étranger, est là. Entre toi et moi, dans la tension de tes maxillaires. Dans l’artifice de ma retenue.

Es-tu mon frère ?

J'ai l'impression de reconnaître ton regard d'enfant parfois, lorsque la surprise prend ton assurance au piège. Puis les mots chassent le sourire et tes yeux se plissent pour ne plus laisser passer que l'éclat métallique du maître par délégation. Tu portes les stigmates de ton statut comme un cadavre porte les stigmates de son état. Que tu sois fort ou faible, la maîtrise est de rigueur fut-elle dans la vulgarité ; ta déchéance. Pour jouer ta part dans la comédie de la domination, tu me nies le droit à ton écoute, à tes débordements, à ta compassion. Masculin tu as été conçu, Étranger. Si tu savais comme tu l'interprètes mal ce rôle ! Car tes yeux rieurs te trahissent. Il suffit d'une fraction de seconde pour que ton innocence jaillisse, fugace, le temps d'une défaillance puérile. Le temps qu'un enfant se dessine sur l’écran de mon passé. Te souviens-tu du pays où je te portais sur mon dos pour ménager tes petits pieds maladroits ? Quand nous étions un, nos mains établissant seules la communication, en ce temps où les enfants ne parlaient pas avant d'avoir acquis la parole.

Nous allions par les ruelles de terre battue trébuchant sur les cailloux pointus, ombres mêlées, silencieux et obéissants, les yeux bien plus sérieux que n'importe quelle autorité puisqu'ils nous suffisaient pour comprendre. Et plus tard, lorsque tu venais essuyer ton visage sale ou tes mains écorchées au bas de mes vêtements longs ? Mais rassure-toi, aucune convention n'entamera ma capacité à retrouver cet enfant, même si ta voix est ligotée par mesure de supériorité formelle. Même si ton regard fulmine d'impuissance devant mon refus à subir ton autorité avec conviction. Quelles que soient tes obligations de porte-faix social, Étranger, tu restes mon frère que j’aime.

Es-tu mon père ?

Je lis dans la sévérité de tes sourcils poivre et sel un reproche. Celui d'être ? D'être fille ? D'être grande ? Tes yeux ne se posent sur moi que pour se donner une raison de m'éviter. Quel est ton problème Étranger ? Tu me dois une réponse. Une parole, pas un rictus. Oui, aujourd'hui, j'exige que tu assumes ton rôle. J'exige que tu croies en moi. Ta paternité ne t’est acquise que si tu me transfères ta force et ta sagesse. Et s'il t'en manque, il t’en manque forcément puisque je les réclame, je veux bien t'en prêter. J'en ai fait une provision abondante depuis que tu me prives d'une attention attendue. Si tu te détournes, tu te délégitimes. Si tu te détournes, je n'ai plus besoin de toi.

Je refuse de baisser les yeux lorsque tu me parles. Ma réalité ne m'embarrasse plus, il te faut l'accepter. Quelle promesse as-tu faite que tu n'aies tenue pour m'en vouloir autant ? Pour t'enfermer dans une sécheresse aussi peu convaincante, il te faut une raison que je ne peux être. Je cherche, mais toi seul peut me la révéler. Est-ce le fils aîné qui te manque ? Ce compagnon admiratif et discret qui emboîterait ton pas dans la rue, le domaine des hommes ? Tu ne peux pas te priver de la joie de m'avoir pour ce regret-là ! Le garçon ne te manquait pas quand j'étais enfant, pourquoi aujourd'hui ? A quel moment as-tu fait la différence ? Mais j'ai un doute … Et si c'était moi qui n’avais pas confiance en toi ? Dans ce cas, il te reste à trouver le moyen de me rassurer mon père.

Es-tu mon fils …

Pas en mon nom !

3/97 - 3/2017

La journée de la femme ... Pas une journée pour les femmes, non ! La journée de LA femme. Laquelle ? Une idée d'homme ; d'une troupe d'hommes au pas. Seul des êtres au masculin en mouvement perpétuel peuvent ignorer qu'une pleine année ne suffit pas à contenir 364 mars ¼ au féminin. Je soupçonne donc le 8 mars grégorien de n'être qu'une feinte adroite destinée à brouiller les circuits coutumiers de la dynamique sociale. Dans cet objectif ambivalent peut-être innocent, l'Homme Moderne aura conçu le 8 mars pour faire jubiler jusqu'à l'étourdissement sa contrepartie yin. Son vis-à-vis obscure et froid, dans l'espoir de réduire sa capacité à lui retourner les couleuvres attachantes qu'il a pris l'habitude de lui glisser dans le dos. Et rebelote !

Ce piège médiatico-politico-économico-idéologique est, évidemment, un leurre. Car L'Homme et La Femme éthiquement humanistes s'y rendent masqués, chacun dissimulant son identité véritable à l'autre pour des raisons aussi distinctes que des parallèles ne se rencontrent jamais.

Durant une année à la suite d'un 8 mars, la femme se sent tenue de rendre discrètement hommage au génie de sa moitié qui conçoit et produit ses parfums aux senteurs suggestives, ses crèmes pure graisse de phoque galvanisée, ses mensurations de synthèses aux sels minéralisés, ses charmants tabacs néo-féminins, ses accessoires intimes d'une ergonomie chirurgicale, et tant d'autres merveilles. L'adoration qu'elle croit lui devoir en échange de ces bonnes intentions lui donne le mal de mer. Mais comment le lui dire sans le blesser dans sa créativité hautement qualifiée, sa quête discontinue d'un amour infini librement échangeable, son tempérament à cliquetis cliquetas ? Surtout ne pas le froisser ! Il faudrait encore le consoler dans son désarroi, le ménager dans son désespoir, le dorloter dans son orgueil … Non ! Autant consacrer un cinquième de sa vie courante et de son budget fixe à la tyrannie d'un fitness mental globalisant.

A l'heure des festivités des 8 mars annuels, La Femme Qui Se Dresse Contre Les Discriminations est sur les jantes ; dégonflée. Tout juste conserve-t-elle suffisamment d'atavisme communautaire pour brailler en synchronie. Que peut-elle braire heu... faire d'autre ? Monsieur fournit un tel effort d'altruisme à son égard qu'il ne reste à Madame qu'une option : lui démonstrer sa gratitude en fanfare et en confettis. Que le vent emporte ... Mais ça leur fait croire à tous les deux, chacun par devers soi, que l'autre est ainsi convaincu de la garantie de sa supériorité sur l'échelle de l'égalité minimum des moitiés, promulguée « parité » depuis peu. Et le rendez-vous est manqué. Ils ont beau tout faire ensemble, chacun est là pour une cause contraire.

Un 8 mars international factice à organiser tous les quatre cent soixante cinquième jours de chaque année, dont la seule utilité est, pour Madame comme pour Monsieur, de vidanger les résidus de leurs dépressions conjuguées ! Pour ancrer le rituel dans la mémoire collective, les concepteurs du concept l'ancre dans l'actualité du moment avec des clous recyclés à l'infini : exploitation, sexe, libertés, droits à disposer de son corps (l'esprit restant "propriété intellectuelle" du Maître). Et, béatitude des béatitudes : justice ! Comme si on pouvait rendre justice à un quidam qui ne sait pas que ce n'est pas lui que l’on célèbre, mais sa vanité perso que l'on regonfle. Mais bon, si mes congénères sont joueuses au point d'accepter de se tromper plus librement que vous n'êtes en mesure de l’imaginer Messieurs, grand bien leur fasse. Et vous fasse à vous aussi si votre yang s'épanouit à jouer les dupes, et à jurer d'y croire. Moi, je me dissocie de la coalition. Je prends mes distances et, de mon point de vue résolument épineux, mon rictus de défiance peut se transformer en une moue désinvolte.

Oui, cette fête n'est pas la mienne mais la tienne, MECC (Monsieur En Causette de Circonstance). Tu fonds de contentement de me pousser dans la rue en solidarité de genre avec des femmes qui, sous d'autres cieux, subissent encore la tradition. Mais ce qui t'embête au fond, c'est qu'elles échappent à tes convoitises hégémoniques. Moi, j'aimerais que ces femmes d'ailleurs fassent comme moi en solidarité avec elles-mêmes contre le joug de ta civilisation dérisoire déjà déclinante, où tes manies statistiques me draguent unilatéralement me privant de mes repères initiaux.

Femme non globalisée, je reste femme et me sens médiatico-politiquement dépouillée de ma féminité brute, de ma fonction animale spécifique, de ma générosité d'espèce troquée. Je suis devenue un lieu commun que tu accommodes à ton avenant. Oui, Monsieur ma moitié, en enserrant mes membres et mon cerveau dans des accessoires à l'image de ta névrose productique, tu atrophies mes articulations motrices et mon autonomie d'origine ; dès le berceau. Je ne sens plus les bosses et les creux des chemins que tu as linéarisés, asphaltés, vernissés. Pour un déhanchement plus onctueux encore, tu as éventré la terre qui nous porte tous les deux pour en tirer son linceul nauséabond. Les hydrocarbures font mon teint, mon haleine, ma dentelle, ma démarche plastique, et mon agonie. Et celle de nos petits.

Le 8 mars annuel est la concrétisation hystérique de ton utopie asservissante ; pas ma fête. Par conséquent, à la femme d'ici et d'ailleurs qui ne sait plus marcher sur la plante de ses pieds, qui ignore l'usage potentiel de son giron, qui ne voit dans ses seins qu'un appât passif, je dis : ce jour parmi tous les autres, sois ingrate. Fais le contraire de ce que tu n'as pas envie de faire : laisse les dogmes suivre leur déroute et suis une piste qui te rend l'écho de toi tout entière ; pas de ton nombril en technicolor.

Aujourd'hui, demain, et après, porte ton cœur bien accroché à sa place, et va où il te porte sur des chemins non balisés. Qu'il donne et prenne ce que ta nature a conçu pour lui. Sans sélection préalable 364 jours 1/4.

لا

L'information : référence ou revanche ?

2001 - 01/2017

Réaction à un article sur l'islam paru dans L'EDJ N°284 pp. 22/24 qui traite du rapport des religions révélées aux femmes.

 

Si je m’en tiens à ce que je sais de l’islam théorique et pratique, je n’accorde aucun crédit à ce qui est écrit sur les autres religions. L’article est dénué d’ossature ; l’homme de la rue pouvait en dire autant, confondant le texte, la pratique, la culture, la tradition, les néologismes, les mélanges... Les exemples cités pourraient appartenir à n’importe quelle époque entre le 7ème et le 14ème siècle de l’Hégire, notre époque actuelle.

 

Voici quelques pièces des découpes grossières faites dans une réalité tout en nuances.

- Contrat de mariage : seul le tuteur peut refuser la polygamie : "A ce jour on ignore encore le nombre de ceux qui le font" Qui est "on" ; pourquoi "on ignore encore" ; quelle est la source d'information, et quel est l’intérêt de la réponse éventuelle ? Pour qui ?

- Divorce : "Pourquoi voit-on plus de femmes répudiées que de femmes divorcées dans les pays arabes ?" Où situe-t-on les pays arabes, quelle est la réponse ? A qui est posée la question ? Et incidemment, pourquoi les Arables feraient-ils comme les Européens ? Pourquoi pas l'inverse ...

- Etrangères : nous sommes informés de l’interdiction faite à la musulmane d’épouser un non-musulman, contrairement au musulman qui peut, lui, épouser des non-musulmanes. Il est précisé que le prophète s’en est donné cœur joie avec plein d’étrangères, dont une juive alleouia1, tout en éludant les arguments qui pourraient donner un sens à cette orgie ...

Élargissons le débat et comparons les pratiques musulmane et occidentale de la polygamie. L’une est prescrite et très strictement réglementée dans les textes ; l’autre est d’usage libre et répandue sans être ni admise ni même tolérée. Quelle femme occidentale accepte que son compagnon, qui n’est pas toujours son mari), partage son temps et son intérêt avec une autre ? Cela n'empêche pas une normalisation de ces partages occultes dans un consensus mou. Dans laquelle de ces deux formules de polygamie la femme, le couple, le foyer sont-ils plus en sécurité, la relation plus saine ?

Diffuse, incontrôlable, la polygamie dans les sociétés libres sévit comme un parasite non identifié. Tout se passe comme si le mal ne se connaissait pas de remède ; et il ne s’en connaît pas, ne faisant pas l’objet d’une réglementation Pourtant, personne n’ignore les drames que cette pratique souterraine induit. Sans compter que les citoyens libérés n'en sont pas particulièrement plus heureux. Ni même satisfaits.

- Héritage : "... mais2 très mal vu qu'elle réclame sa part. Pour cela, elle peut être bannie.", affirmation illustrée par un exemple local, iranien si je me souviens bien.

L’auteur, à l’instar de l’homme de la rue, ne fait pas de distinction entre la religion et les pratiques particulières, spécifiques à des régions, des tribus ou des familles. Sans doute ignore-t-elle que les Arabes, ça n'est pas une fourmilière dans un bois au cœur des Vosges, mais des milliers de fourmilières de formes et d'habitus très différents sur la terre entière ...

 

- Impures (période menstruelle) : la journaliste ironise sur les dispositions coraniques qui protègent la femme contre la violation de son intimité : "… mais pour la pénétration en période de règles, c'est niet". Cette formulation nous révèle les modalités de sa propre vie sexuelle. Pour cette dame, il va de soi que l'acte sexuel ne souffre d'aucune restriction. Doit-on comprendre que les hommes dans sa société sont incapables de maîtriser leurs besoins primitifs pendant quelques jours par mois ? Que leurs pulsions sont irrépressibles et obligent la femme libre au sacrifie de sa liberté à refuser ? Question subsidiaire idiote : c'est quoi l'estime de soi et de l'autre dans cette façon de concevoir la relation intime ? C'est quoi l'hygiène et le respect de son corps ? Espérons ne pas être jugée nous même déviante en s'interrogeant sur la notion de pudeur dans ce contexte sensible. Les plaisirs équivoques devraient être consignés à la stricte pratique privée et ne pas être présentés comme une référence de normalité. Car il est faux de prétendre que c'est la règle dans les sociétés libérées que de faire fi de la pudeur.

 

Les recherches préalables à la rédaction de ce papier n’auront pas appris aux journalistes que la satisfaction sexuelle est entendue comme un argument de cohérence du couple en islam Les musulmanes n'en sont pas informées, mais elles peuvent demander et obtenir le divorce pour incompatibilité ou non satisfaction sexuelle. La journaliste l'aura-t-elle découvert ?

 

Dans cet article volumineux, il est difficile de faire la part entre ce qui relève de l’ignorance, du manque d'intérêt pour le sujet, de la désinvolture du détenteur du pouvoir d'information. Ou de la volonté de tromper ... Quant au nom du prophète Mahomet, dans la mesure où il s'agit d'un arabe, il me semble d'une intelligence élémentaire de lui rétablir son identité d'origine : Mohammed.

 

Sujet, objet ou complément ?

4/91 - 01/2017

Un algérien retourné se confesse. Sur cinq colonnes pleines format A33 est déversée une rancœur dense du seul Maghrébin qui ait suscité l'intérêt du journal. Ce monsieur G. a grandi en Algérie dans une famille « très liée avec les Français ». Du temps de l'occupation, c'est tout à fait normal ! Puis il retourne chez lui, en Algérie en 1962, après la guerre, quand son pays « a besoin de lui ». L’espace entre l’enfance en Algérie et le retour en Algérie n'est pas mentionné. De retour en Algérie, il demande la nationalité française, et finit enfin par découvrir la culture qui lui convient, présentée ci-dessous.

 

Monsieur G déclare que les cultures de la Méditerranée sont berbère, hispanique et française. Et un coup de plumeau vengeur sur l'invasion arabe. Pourtant, l’invasion des Bani Hilal, incontestablement arabe, s'est produite quelques siècles avant l'arrivée des européens. D’à peine quatorze siècles mais, à ce titre, les diffuseurs de cultures autorisées pourraient lui concéder une petite virgule au titre des cultures universelles méditerranéennes ... Mais non, ce monsieur déclare que "Ce n'est pas la langue arabe qui va amener le changement...". Ce qui pose un problème de taille : que faire de l’arabe méditerranéen, étant donné qu'il est bel et bien là ? Qu'il se pratique par plus de locuteurs que le berbère, n'en déplaise aux berbéristes fondamentalistes4. On le berbérise, on l’hispanise, on le francise ? La volonté éradicatrice du sujet (de l’objet ?) de l’article ne s'arrête pas à la dénonciation. En même temps que la culture arabe, cet individu, s'il n'est pas une pure invention du journal, condamne avec fermeté les parents traditionalistes qui la propagent sans discernement.

 

Imaginons maintenant qu'en entendant un discours de ce genre, les « beurs » soient convaincus que leur seule chance d'être intégrés d'office soit de renier leurs origines ; leurs parents. De les expulser tout simplement. C'est une pratique relativement courante de nos jours en terre d’asile5.

 

Il est vrai que la tradition en Occident a libéré les enfants du poids moral de leurs obligations envers leurs vieux, qu'ils placent en maisons de retraites ou en institutions hospitalisées pour personnes dépendantes. Comme preuve d’assimilation à la société française telle que ce Monsieur la voit, les vieux immigrés, nécessairement traditionalistes, seraient expédiés au bled manu militari, et le tour serait joué. Les beurs acquis à la cause se sentiraient un peu moins beurs et "la vitrine de la France au Maghreb" ferait de ces enfants cruels des missionnaires reconnaissants pour la diffusion du principe du respect des libertés fondamentales. Reste à savoir si cette option est ouverte aux beurs de toutes les couleurs ... Car, comme tout le monde ne le sait pas en France, l’Algérie est une mosaïque d’ethnies ; tous ne sont pas typés comme ils sont répertoriés.

 

Finalement, qui du journaliste ou du personnage sensé témoigner joue le rôle du shérif déchu qui entraîne un indien ivrogne à tirer à bout portant sur des silhouettes en carton représentant des sauvages à plumes ?

 

1Le scoop qui vous informe que l'islam n'est pas une religion pour racistes !

2Je n'ai pas conservé le début du texte, mais « mais » signifie qu'elle a droit à un héritage.

3"Vivre à Val de Reuil" N49 avril 91, journal communal socialiste

4Je SUIS berbère !

5Réflexion rédigée en 1991 !

لا

NOTE : nous sommes fin mars 2018 ;  dix-sept ans après la rédaction du commentaire ci-dessous en 2001. Le discours sur l'islam et les musulmans n'a pas changé d'un iota en termes d'intelligence, d'intérêt critique bienveillant. Au contraire, les actes terroristes mandatés font l'objet d'un traitement médiatique qui souffle la haine sur toutes les communautés. Où allons-nous et qui nous y mène ...

Par contre, on n'entendra pas parler de réalités nationales embarrassantes, comme celle-ci http://nationalisme-francais.com/6-documents-pour-l-histoire/le-mensonge-de-la-legende-gaulliste.html ... Ni ne seront médiatiquement présentés des auteurs qui parlent autrement de l'histoire ou des grands hommes politiques.

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